dimanche 15 février 2015

Mon dernier roman "LA CITÉ D'AIRAIN" en audio book voix de l'auteure. Extrait.

http://www.audible.com/pd/Fiction/La-Cite-dAirain-Audiobook/B00NXR9HU6/ref=a_search_c4_1_1_srImg?qid=1411988345&sr=1-1

https://itunes.apple.com/us/audiobook/la-cite-dairain.-in-silico/id923523270

... "Vous savez qui je suis, vous connaissez des détails de ma vie et je ne sais rien de vous. Vous connaissez mes souffrances là-bas, je ne vous ai rien caché. A votre tour  maintenant  de me faire confiance. Je vous écoute.
Wendel se rembrunit et s’éloigna de quelques pas.  Sur une racine  de l’arbre il s’assit et lui fit signe de venir prendre place près de lui. Puis répondit :
  - Nous sommes très éloignés l’un de l’autre. Géographiquement s’entend, car je vis sur un autre continent. Je suis un globe trotter et j’ai fait plusieurs fois le tour de la Terre.
  -  Pour votre travail ?
  - Entre autre oui.
  - Et que faites-vous?
  - Je suis dans la finance.
Elem éclata de rire :
  - Un banquier, il ne manquait plus que ça ! Un banquier poète. Contre-sens…
  - On peut manipuler les chiffres et faire des vers, rien d’incompatible, ma chère.
  - Et bien, je ne peux pas dire que ces gens-là m’inspirent beaucoup de respect. Ils participent depuis des décennies au pillage des états et à la misère du monde.  Je ne sais plus qui disait : Les banques je les ferme, les banquiers je les enferme !
  - Désolé de vous décevoir, Elem.  Néanmoins vous avez raison, ils téléguident définitivement le pouvoir des pantins politiques qui leurs sont assujettis par les intérêts financiers qu’ils attendent. Voilà, je fais des affaires avec l’argent des autres. Ai-je satisfait votre curiosité ? Mais pour en revenir à vous,  j’ai eu l’heureuse surprise de constater que vous étiez à nouveau joignable. Y aurait-il moins de pression à votre encontre ? Et comment tenez-vous le coup dans vos nouvelles responsabilités ?
  Il échappait et la jeune femme ressentit un malaise. Le vouvoiement était significatif. Il n’en dirait pas davantage et il était inutile de pousser plus loin les questions. Puis il soupira en lui prenant la main qu’il porta à ses lèvres.
  - Vous avez sur moi un pouvoir extraordinaire et je ne puis  m’empêcher sans cesse de penser à vous. Votre beauté en premier lieu mais aussi votre force de caractère, votre courage dans une situation dramatique, cette volonté de vous battre pour les autres, cette envie de dénoncer les dérives et de changer le monde. Tout ceci me trouble beaucoup car voilà des sujets que je me suis toujours défendu jusqu’à présent de prendre en compte. Mais je vous remercie de m’interpeler et de m’ouvrir les yeux.
   - Moi qui vous croyais un homme éclairé, altruiste, poète et humaniste... ou tout simplement humain. Tous vos livres ne vous auraient-ils donc pas apporté matière à réflexion ?
  -  Rien n’est plus vide qu’une âme encombrée  et j’avais des objectifs qui ne me permettaient pas de m’éparpiller.
  - Ah oui pardon, j’allais oublier : L’argent ! 
  - Ne soyez pas aussi négative et bornée,  car  vous savez bien que c’est la seule puissance qui ne se discute pas. Tout passe par là depuis la nuit des temps.
  - Ah oui, insista Elem. Et c’est en puisant chez les pauvres que vous faites fortune, le savez-vous ?  Sur le dos de ceux qui se tuent au travail, malheureux esclaves des ces ogres.
  - Il faut prendre l’argent là où il se trouve, Elem !  Chez le pauvre il n’y en a pas en quantité mais il y a une quantité de pauvres !
  - Vous plaisantez là, j’espère ?
- En ai-je l’air ? Mais j’aimerais ici mettre une parenthèse ma belle amie ! Ne croyez-vous pas qu’il est très dommageable que nous abordions ce genre de questions ?
  - Je ne vois pas pourquoi…Mais dites-moi, à quoi employez-vous votre trésor de guerre ? A améliorer les conditions de vie de la race humaine, à générer le bonheur ou à fomenter les guerres et accroître la pollution, la famine, les épidémies, le servage et à garnir l’escarcelle des puissants ?
  - Plus jeune, voyez-vous, je me suis penché sur la dichotomie entre l’Homme et la Nature et je m’imaginais menant un combat pour l’Homme contre son environnement non humain. Mais  aujourd’hui je suis convaincu de l’évolution, d’une complexité de l’organisation qui ne cesse de croître, présente dans les origines mêmes, et qui a balayé mon ancienne conception d’un devoir vis à vis de l’homme. L’homme en soi n’est rien, le mouvement de la vie va vers l’avant. La spiritualité doit être privilégiée et non la race humaine. Ma chère, cessons de polluer cette terre aux chimères, notre « dreamland », avec des discours stériles. Ici, nous ne devrions laisser place qu’à nos  rêves et laisser à la porte les scories. Venez enfin dans mes bras et ne pensez plus à rien qu’à nous deux.
 « Discours stériles… »… Elem remâchait ces deux mots et n’avait guère le cœur  à la bagatelle, pourtant elle se laissa approcher et s’accorda quelques minutes de douceur tandis qu’il forçait ses lèvres et découvrait son corps  du bout de ses doigts.

   « Où cela va-t-il nous mener, Wendel ? », insista-t-elle.