mardi 2 juin 2015

  CE VIDE

« Il est terrible quand il arrive
   Ce néant, ce vide de la vie
Sans but, ayant perdu toute envie
  On part dans une grande dérive

Il est enivrant et tentant
  Ce chemin que l’on prend
    On se laisse aller et porter
On ne voit plus les jours passer

 On est là, tout simplement
Sans savoir ni pourquoi ni comment
Sans réagir, toujours en subissant
On se moque du moment et du temps

Doutant du bien-fondé de l’existence
De la valeur même de notre présence
   Imperturbable sans résistance
 On n’a plus d’avenir, plus d’espérance

On se plait dans la solitude
  Dans cette grisante quiétude
Dans ce rien qui nous entoure
  Où tout est lisse, sans détour

Ne pas sortir de cet univers si rassurant
Où des menaces rôdent à tout instant
  Ne plus avoir à faire semblant
  A faire comme si, c’est reposant

Inutilité, absurdité, futilité
On abandonne cette vie sans regrets
      Tout y est fade et dérisoire
 Rien ne nous permet plus d’y croire

  On la quitte, on la délaisse
     Sans tristesse, avec allégresse
Pas de joies mais pas de peines
On se retrouve sur une planète lointaine


On ne demande rien, on ne veut rien
  On n’en a pas besoin, on est bien
On croit que c’est un mauvais moment
  Pourtant cela s’éternise, trop longtemps

Un danger nous guette, bien doux
 Celui de s’habituer, d’y prendre goût
Alors on ne retrouve plus le cours de la vie
 On se laisse à penser que tout est fini

S’en aller, lâcher prise, doucement
  Quitter tout, peu à peu, paisiblement
Partir, sans bruit, dans ce vide grandiose
 Trouver enfin une inespérée apothéose. »